Nous sommes des raconteurs

publié par Patrick le 08 août, 2011, sous Images à voir, Opinions, Texte à lire
08 août

« Nous ne sommes pas des photocopieurs sur pieds. Nous sommes des raconteurs. », une citation du photographe Damon Winter (que j’ai traduit librement).

© Damon Winter / The New York Times

© Damon Winter / The New York Times

© Damon Winter / The New York Times

© Damon Winter / The New York Times

Elle (la citation) provient d’un billet publié sur le blogue Lens du New York Times dans lequel Damon justifie l’utilisation d’un iPhone et l’application Hipstamatic pour produire les images d’une récente affectation.

Sans me convaincre complètement qu’il est approprié de commettre ces moments, ces témoignages, à l’histoire en utilisant des outils « à la mode », les arguments apportés par Damon sont excellents et font avancer le débat qui fait de plus en plus rage. En voici quelques-unes que je me permets de traduire ;

« Toute discussion sur la validité de ces images se résume à deux principes fondamentaux: l’esthétique et le contenu. »

« Il y a au cœur de ces photos un moment, un détail ou une expression qui raconte l’histoire de ces soldats au jour le jour lors d’une mission de combat. Rien ne peut changer cela. Aucun contenu n’a été ajouté, enlevé, masqué ou modifié. Ces images sont remarquablement simples et directes. »

© Damon Winter / The New York Times

© Damon Winter / The New York Times

Il est difficile de nier que les images qui remportent les concours tel le World Press Photo depuis les dernières années, quoiqu’ayant été captées avec des outils à la fine pointe, sont, pour la plupart, très retouchées. Elles ne représentent certes pas plus la réalité que les photos produites par Damon.

commentaire

« Il est difficile de nier que les images qui remportent les concours tel le World Press Photo depuis les dernières années, quoiqu’ayant été captées avec des outils à la fine pointe, sont, pour la plupart, très retouchées. Elles ne représentent certes pas plus la réalité que les photos produites par Damon. »
C’est tout à fait vrai, à la seule différence que lorsqu’il retouche une image, le photographe se l’approprie, il y intègre une volonté éditoriale. Ici, c’est Steve Jobs qui défini l’esthétique de l’image (mais cela peut également être un choix éditorial que de le laisser faire).

Ugo ( Lundi, 8 août, 2011 à 10:15 )

C’est un très bon point Ugo … un que j’ai considéré moi-même. La réponse de Damon vis-à-vis cet argument est tout aussi bonne par contre;

« I don’t see how this is so terribly different from choosing a camera (like a Holga) or a film type or a processing method that has a unique but consistent and predictable outcome »

Comme je mentionne dans le billet, la réplique de Damon envers ses critiques était vraiment très bien préparée et elle apporte beaucoup au débat.

Patrick ( Lundi, 8 août, 2011 à 11:34 )

C’est vrai, l’article sur le blog du NYT est convaincant et pertinent ; je reconnais que pour ce sujet qui touche à l’intime, le caractère « photo perso » fonctionne assez bien. Malgré tout, je crains de voir de plus en plus de reportages où l’appareil et son style passent avant le sujet photographié.

Merci pour ce blog, les réflexions sur le photojournalisme et l’aficionado devant Las Ventas !

Ugo ( Lundi, 8 août, 2011 à 12:57 )
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