La République libyenne par Michael Christopher Brown

publié par Patrick le 06 juil, 2011, sous Images à voir, Opinions
06 juil

La guerre en Libye fait toujours rage plusieurs mois après son déclenchement, rien ne semble gagné et beaucoup se questionnent sur l’aboutissement du conflit et ses éventuelles conséquences. Michael Christopher Brown est l’un de ceux qui se questionne, autant sur le conflit que les libyens eux-mêmes et son rôle dans ce contexte. Un questionnement tout à fait légitime quand l’on considère que Michael était parmi les blessés dans l’explosion qui a pris la vie de Tim Hetherington et Chris Hondros.

© Michael Christopher Brown

© Michael Christopher Brown

Les images de la série simplement intitulée « Libye 2011 » sont assez poignantes, parfois très violentes. Michael est très, très, proche de ses sujets. Considérant son appareil (un iPhone) il n’avait pas bien le choix … quoique connaissant le travail du photographe, il serait impossible, et de mauvaise foi, de dire que l’appareil fais le photographe dans son cas, il est un photographe très talentueux, sans aucun doute. Cette série a d’ailleurs été reprise par Foam Magazine, National Geographic et Burn Magazine (entre autres).

© Michael Christopher Brown

© Michael Christopher Brown

© Michael Christopher Brown

© Michael Christopher Brown

J’ai hésité avant de publier ces images … c’est le rendu « faux-laroid » (expression volée quelque part dans les commentaires sur Burn) qui me dérange, appelez moi puriste si vous voulez. Vu l’accessibilité de l’outil et la prolifération du « look » … partout et dans tout contexte, je me questionne à savoir si ces photos survivront le moment présent? Est-ce que la pérennité du travail doit nécessairement être une considération pour un photographe (photojournaliste)?

commentaire

Lu sur le sujet un excellent article -un projet de thèse si je ne m’abuse: http://owni.fr/2011/07/30/fausses-photos-vintages/
Par ailleurs l’émission Arrêt sur image a consacré son émission du 28 juillet aux photographes de guerre. Il y est question de Michael Chistopher Brown mais aussi de Guttenfulder, lesquels ont déclenché une polémique qui prenait par moments l’allure d’une querelle entre anciens et modernes. Au-delà du côté vintage, daté, forcément daté, c’est bien la sacrosainte question du matériel bien gros bien cher qui est posé, et de la légitimité qui l’accompagne. Entendre dire certains photographes qu’il est indigne de photographier la misère avec un téléphone portable ne laisse guère d’espoir sur leur capacités de réflexion.

Olivier Favier ( Mardi, 2 août, 2011 à 2:00 )
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