Travailler gratuitement ?

publié par Patrick le 17 déc, 2008, sous Opinions
17 déc

Un article de David Hobby sur Stobist a suscité beaucoup de réponses la semaine dernière.

Le titre et thème de l’article était “Quatre raisons pour travailler gratuitement “. Vous comprendrez que c’est un sujet chaud pour tout photographe professionnel.

Avant d’aller plus loin, je vais énumérer les quatre raisons de David.

Raison 1; gratuit achète l’accès. David veut photographier des gens intéressants qui excellent dans leurs domaines respectifs. Présentement, il ne réussit pas à obtenir ce genre de client. Son raisonnement est qu’offrir ses services gratuitement lui permettra d’accéder à ces sujets.

Raison 2; gratuit retire des barricades. Selon David, étant donné que le projet est entièrement l’initiative du photographe, le contrôle créatif est entièrement à lui.

Raison 3; gratuit achète le contrôle total du projet. Après trois lectures, la raison 3 semble être la même que 2, David utilise seulement des mots différents pour la décrire.

Raison 4; gratuit est bon pour le karma. David croit que travailler gratuitement est bon pour la croissance personnelle. Cette façon de faire peu nous amener à travailler pour des causes qui vous tiennent à cœurs.

Les réactions ne se sont pas fait attendes. Vincent Laforet a certainement été le plus échaudé par les idées de David. Chase Jarvis lui est de l’avis de David. La réponse la plus intéressante est celle de John Harrington qui a publié trois articles en réponse à celle de David.

Quel que soit votre avis, il faut néanmoins avouer que l’article de David est complet et qu’il a bien réfléchi à la question. Personnellement, je crois que travailler gratuitement peut être une pente glissante. Parlant par expérience, il y a des moments où ça peut être bénéfique, mais souvent, quelqu’un tire avantage de la situation.

Prenons cet exemple. Vous voulez photographier des musiciens. Une connaissance vous propose de faire des photos publicitaires pour son groupe. Ils sont sur le point de lancer leur premier album, mais personne n’a les moyens de vous payer. Vous acceptez de faire les photos gratuitement. Trois mois plus tard, le nouvel album est un franc succès, soudainement tout le monde à de l’argent, sauf vous. Vos images elles, circulent en bon train pour faire leur promotion. Initialement, il n’avait peut-être pas d’argent, mais la maison de disque qui les endossait pour l’album aurait certainement réussi à payer votre tarif. Surtout en considérant que vos photos sont aussi utiles pour eux que pour le groupe.

La leçon à retirer est la suivante. Travailler gratuitement ne veut pas dire aucun contrat, insister pour que les photos soient utilisées par le groupe seulement. Si la maison de disque veut des copies, elle doit passer par vous. Ajouter une clause pour considération future, tel un engagement pour vous donner un contrat payant pour produire les photos d’un futur album.

Beaucoup vont (et ont) en réaction à l’article, argumenté que les photographes qui travaillent gratuitement sont souvent des amateurs qui dévaluent l’industrie de la photo. C’est difficile de justifier ses tarifs à un client contre ceux d’un amateur professionnel qui travaille pour rien ou très peu d’argent, simplement parce qu’il n’a lui même pas la notion de la “valeur“ d’une photo.

J’ai sondé mes collègues photographes sur la question et sans aucune surprise, les réponses sont mitigées. Beaucoup accepteraient de travailler sans frais si le faire pouvait avancer leur carrière. Certains, tout comme moi, n’accepteraient pas de travailler gratuitement pour un client qui a les moyens de vous payer.

Je vous recommande fortement la lecture de l’article de David ainsi que celle de John Harrington. Si vos idées sur la question manquent de focus, vous le trouverez dans ces lectures.

Voici les liens à nouveau;

David Hobby – 4 reasons to work for free

John Harrington – Professional photographers vs. Hobby status

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