Donald Weber – interrogations

publié par Patrick le 10 déc, 2010, sous Images à voir, Opinions
10 déc

Vu la présence de ces images sur les différents blogues anglophones, il y a de très bonnes chances que vous connaissiez déjà la série « Interrogations » produite par Donald Weber. Je voulais néanmoins jeter mon opinion dans le lot par rapport à une série d’images incroyablement marquantes autant pour le sujet que ce qu’elles représentent pour la photographie de reportage.

© Donald Weber

© Donald Weber

Les photos prises lors de réelles interrogations policières en Ukraine démontrent le désespoir et la consternation de gens (criminels ou non) qui se sont retrouvés dans un système judiciaire sans issues. Beaucoup d’images sont émotionnellement fortes, on comprend bien la situation. L’absence des interrogateurs dans les images (même s’ils l’étaient dans la pièce) renforce le sentiment d’isolement.

Ce travail a soulevé tout un questionnement par rapport à l’implication du photographe et l’influence qu’il a apportée par sa présence sur le comportement des policiers. Il faut spécifier ici que Donald a réussi à pénétrer ce monde relativement secret par le biais d’un contact de longue date, sois un chef de police. Dans une entrevue, Donald confirme que sa présence au début encourageait l’interrogateur à jouer un peu le rôle, parfois brutalement. Pour y remédier il a passer une très longue période (un ou deux mois je crois) dans les salles d’interrogations sans jamais prendre une image, laissant tout le temps nécessaire aux policiers pour s’habituer à sa présence. Je pense que le photographe se justifie bien ici en affirmant que présent ou non, ce genre de situation, ces abus des droits, légaux et moraux, existe dans ce monde, que ce soit en Ukraine ou aux mains de nos propres gouvernements (Guantanamo) et que la présence d’un photographe ni change rien, voir même que de passer à côté d’une opportunité de jeter un peu de lumière sur un monde aussi inconnu de nos yeux serait en-soi, irresponsables (mes opinions et interprétations de ses mots).

© Donald Weber

© Donald Weber

Jusqu’à quel point est-ce qu’un photographe peut s’intégrer à certaines situations dans notre société, sachant que sa présence peut en quelque sorte influencer le cours des évènements?  Est-ce que cette influence est niée par l’importance du travail qu’il pourra ensuite présenter ou non? C’est un questionnement, au travers lequel tout photographe reporter devrait passer de temps en temps …

Donald Weber – Interrogations.

commentaire

La situation est plus compliquée en fait que cette simple question par rapport a la présence du photographe et son impact dans des moments comme ceux-la. Selon moi elle n’a pas beaucoup d’impact sur le sort de ces gens (criminels ou pas). Je dis cela parce que ces images évoquent des scènes de films; les réalisateurs nos ont mis en scène des situations fictives qui reflètent malheureusement la réalité (maintenant on le sait) et le monde s’est tout doucement habitué a ces images. Aujourd’hui le confort au foyer devant sa télé fait que c’est tout ce qui importe dans les priorités d’un tiers de l’humanité (celle qui aurait le pouvoir de changer les choses) et rien, encore moins ces images ne changeront la brutalité des gouvernements en ni en Russie ni en Ukraine ni en France ni en Espagne. On est devant un phénomène d’indifférence totale ou la masse de gens tolèrent tout ce qui leur passe sous le nez et ne se rebellent contre rien car en fait cela ne les dérange pas vraiment dans l’immédiat et ne semble pas menacer non plus leur confort. Cela n’arrive qu’aux autre! La est le vrai problème.

Jose ( Dimanche, 12 décembre, 2010 à 5:58 )

La question soulevée est pertinente et peut être appliquée à des situations beaucoup moins complexes de l’actualité que couvrent nos quotidiens.

Les codes de déontologie de la FPJQ et de la NPPA mettent en garde contre ces dangers, mais il n’y a personne pour « policier » ces dérapages.

Le photographe a pris un mois pour s’assurer qu’il ne devenait pas un « agent provocateur » afin de témoigner d’une réalité. Il découvre que cette réalité existe abstraction de sa présence. Quel photographe se paie ce luxe de nos jours? De plus, la compétition entre les divers médias fait qu’un certain sensationnaliste vend mieux.

Plus que jamais l’intégrité devrait être une priorité.

Martin Benoit ( Dimanche, 2 janvier, 2011 à 11:54 )
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