100 photos qui baffouent les droits d’auteurs

publié par Patrick le 21 nov, 2009, sous Livres, Opinions
21 nov

La maison d’édition Harper Collins Canada a publié un livre, intitulé « 100 Photos That Changed Canada », qui se veut un recueil de 100 photos qui ont changé l’histoire du Canada. Selon les informations que j’ai réussi à recueillir jusqu’à maintenant (de sources que j’estime sures), ce livre se veut pratiquement une insulte pour ayant outrepassé ce je que considère être une simple marque de respect.

100photoschangedcanada

Le livre est en premier lieu un regard sur l’histoire du Canada au travers la photographie. Pour ajouter un contexte historique aux images et ajouter quelques informations à certaines d’entre elles qui sont peut-être moins connues, la maison d’édition a fait appel à plusieurs écrivains qui ont ajouté leurs pensées en capsule aux photos. Ces écrivains reçoivent plein crédit pour leurs travaux ainsi qu’une courte bio. De plus, Harper Collins Canada mise sur certains « gros noms » parmi ces écrivains pour rehausser leurs ventes. Le problème est que, les photographes eux (et on parle ici d’un livre photographique) ne reçoivent qu’une simple mention sur une page de crédit à la toute fin du livre, aucune bio ou autre. Outre passons le fait que les photographes n’ont pas été contactés avant que leurs photos aient été publiées pour la simple raison qu’au Canada (et bien d’autres pays) les lois sur les droits d’auteurs ne protègent pas les photographes de presses à ce niveau, simplement dit, leurs photos ne leurs appartiennent pas. La moindre des choses aurait été de leur attribuer crédits et biographies au même titre que les écrivains. Harper Collins Canada n’estime vraisemblablement pas le travail des photographes.

L’idée est bonne, et sous d’autre circonstance, j’aurais aimé acheter ce livre et écrire un bonne critique pour vous encourager à faire de même, mais malheureusement, dans cette situation je ne vois d’autre choix que de vous recommander de boycotter ce livre.

Info via un billet publié sur le blogue The Lens par Phil Carpenter photographe de The Gazette.

commentaire

Je suis du même avis que toi, toutefois boycotter ce livre ne changera pas grand chose au vrai problème, le vrai malaise c’est que les photo-journalistes qui travaillent pour la presse acceptent dans leur contrat de ne pas être les propriétaires des photos qu’ils produisent. La est le vrai problème. Ils rapportent au bureau le trésor, et le remettent entre les mains du patron, qui lui est le vrai propriétaire de ces photos. La est le vrai vrai problème, il faudrait revoir ces méthodes et combattre le mal la ou il se trouve vraiment. Les gros bonnets se tiennent les coudes serrés entre eux, pour que l’éditeur de ce livre reconnaisse les photo-journalistes comme il se doit il devra trahir ses amis les autres richissimes magnats de la presse et franchement ça ne vaut pas le coup car ils se foutent bien des petits photo-journalistes qui finalement travaillent pour des peanuts et c’est le patron qui encaisse. Viva el capitalismo…:-)

Jose Alonso ( Mardi, 24 novembre, 2009 à 7:40 )

Je repensais au titre de cet article et dans les faits il est extrêmement précis car du point de vue strictement légal, les droits d’auteurs ont été bafoués totalement puisque ces droits sont détenus par des agences de presses, des magazines et surement des journaux. Et a ce que je sache ces entreprises propriétaires véritables et légaux des dit droits d’auteurs n’ont ni été mentionnées ni remerciées et on ne leur a pas demandé permission. Comme quoi on peut marcher dans le DROIT sans qu’il y ai de véritable justice. Cette dernière phrase est destinée aux photographes qui ont prit les photos et pour qui j’ai toute la sympathie.

Jose Alonso ( Mercredi, 25 novembre, 2009 à 8:40 )

Je n’ai pas tous les détails ici, mais si j’avais à avancée une opinion … je doute fortement que la maison d’édition ait utilisé les photos sans la permission des agences et médias propriétaire. Le faire, inviterait certainement plusieurs griefs légaux de la part de ces corporations.

Pour ce qui est du problème des droits d’auteurs envers le photographe de presse, dire « ils ne devraient pas accepter » impliquerais forcément ne pas travailler. Les derniers conflits de travail nous démontrent bien qu’il y a toujours quelqu’un avec une caméra prête à prendre la place d’un photographe dans ce métier. On le voit très bien au Journal de Montréal présentement. Il y a un mouvement de la CAPIC pour essayer de faire changer les choses, mais c’est assurément un travail de longue haleine.

http://www.capic.org/copyright.html

Patrick ( Mercredi, 25 novembre, 2009 à 9:03 )
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