La question … encore et toujours.

publié par Patrick le 23 sept, 2009, sous Opinions, Texte à lire
23 sept

Marc-André Pauzé a écrit un article sur son blogue Alpha Reporter, concernant la photographie argentique. La lecture m’a fait réfléchir à mes propres opinions sur l’argentique versus le numérique (pour une énième fois).

© Patrick Alonso - un appareil argentique, vue d'un appareil numérique.

© Patrick Alonso - un appareil argentique, vue d'un appareil numérique.

Il étais un temps ou c’était la question qui préoccupait nombre de photographes (amateurs et professionnels). Marc-André réfère à un article du photographe Asim Rafiqui et tous les deux apportes plusieurs bons arguments sur le sujet en évitant le plus possible les clichés (ce qui est difficile en abordant cette question).

La phrase qui m’a fait accrocher et décider d’écrire un petit billet en suivi est la suivante;

la photographie argentique demeure un processus plus lent, qui exigence une plus grande concentration et conscience puisque les erreurs ne peuvent pas être corrigées avant que les résultats soient vus (écris par Asim et librement traduit par Marc-André).

Ce concept qu’à l’époque de l’argentique nous prenions plus de temps et étions moins paresseux est vieux et cliché. Selon moi, il y a de bons photographes et de mauvais photographes. Un bon photographe prend les moyens pour réussir de bonnes images peu importe le médium qu’il utilise, le mauvais photographe coupe des coins et prend des raccourcis. C’était pareil à l’époque de l’argentique, l’arrivée du numérique a simplement donné plus de moyens aux photographes médiocres d’exposer leurs photos à grande échelle.

Je ne prends pas moins de temps pour faire des images maintenant qu’avant, en réalité, la possibilité de voir l’image immédiatement fait que je prend souvent plus de temps pour produire le résultat qui m’intéresse vraiment, explorant différents cadrages et expositions sans crainte de bruler tout mon budget pour une seule image finale. Rares sont les moments ou je pense « Une fois passé par Photoshop, celle-là va être malade! ».

Pour ce qui est de la question de l’argentique versus le numérique, personnellement, cela m’importe très peu (lire aucunement). Moi j’ai fait le choix de travailler avec le numérique pour différentes raisons, je m’amuse encore avec l’argentique mais je ne choisirais pas de travailler avec pour un contrat, aussi pour différentes raisons. Quand je regarde le portfolio d’un photographe, ma première question n’est pas à savoir avec quel outil il l’a produit, est-ce vraiment important? Nous nous armons du médium avec lequel nous sommes à l’aise ou qui nous inspire ou nécessaire pour matérialiser les images qui nous trotte dans la tête.

commentaire

Laissons les puristes monologuer tant qu’ils le désirent. On a d’autres chats à… shooter. (fail du jour)

Albert ( Mercredi, 23 septembre, 2009 à 9:07 )

Ce qui manque dans tous les débats sur le sujet que j’ai suivi sur des forums tel que DPreview ou Photo.net, c’est ce quelqu’un qui vient et dise : « c’est vrai, le numérique est loin d’être parfait. Il est cependant, en pleine évolution et passe en ce moment par d’intenses phases d’innovation, de démocratisation et globalisation. Ce n’est qu’une question de temps. Ce qui n’est plus le cas de l’argentique. »

Et puis bon on s’en passe, on tourne la page et on continue à vivre.

Albert ( Mercredi, 23 septembre, 2009 à 9:34 )

Je ne crois pas qu’il existe un médium « parfait », nous avons tous des approches et des intérêts différents, forcément, différents médiums répondront à différents besoins. Pour ce qui est de la qualité, je pense que nous pouvons maintenant laisser le débat de côté, la question est réglée.

La raison pour laquelle ce débat revient constamment est aussi vieille que la photographie elle-même, beaucoup de photographes se définissent plus par le contenu de leurs sacs que celui de leurs portfolios.

Patrick ( Mercredi, 23 septembre, 2009 à 10:21 )

J’aimais beaucoup le polaroid que j’opposais à l’argentique, je l’appelais le chimique, mais maintenant disparu ou cher en production, le numérique me pemet donc de retrouver cette instantanéité, ce n’est pas du contrôle avec des A-R sur l’écran (que l’on peut couper si nécessaire), mais ce plaisir et non cette angoisse de pouvoir consulter son travail, ses fichiers (a ce stade là) rapidement.
Pour la qualité, il n’y a pas pas photo, à tel point que je me surprend à rajouter du grain sur des images qui me paraissent trop lisses.
Reste les appareils numériques et aucun ne m’a fait rêver comme le rolleiflex ou le leica , peut-être le M9, soyons patient et argenté (!).

©PERENOM ( Jeudi, 24 septembre, 2009 à 6:47 )

Il est intéressant de voir qu’un article qui décrit un choix d’outil de création et pour une fois, pas au détriment d’un autre, déclenche une discussion qui est perçue comme un débat, alors qu’il n’en est pas un. Le titre de l’article est « Pourquoi photographier en argentique? » et non pas « Je préfère photographier en argentique et je n’aime pas le numérique? »

Serait-ce que le débat vient plus du choc des idées que cette réflexion engendre? Si c’est le cas, tant mieux. Réfléchir à ce que l’on fait et pourquoi on le fait n’est pas en contradiction avec l’action de « shooter », Albert.

La création, qu’elle soit en photojournalisme ou dans un autre domaine est un acte du coeur autant que de l’oeil et du doigt sur le piton, pour paraphraser un certain Cartier-Bresson. Le médium d’expression est un choix personnel pour certain, pour d’autre un choix pratique ou pragmatique.

Pour ma part, je travaille beaucoup en numérique (c’est la réponse à la question du début de l’article), mais j’apprécie l’argentique pour d’autres raisons et c’est ce que j’ai voulu souligner en présentant les réflexions d’Asim.

Marc-André Pauzé ( Jeudi, 24 septembre, 2009 à 9:13 )

Dans l’esprit de clarté, je n’ai pas écrit cet article pour contrer celle de Marc-André ou d’Asim, mise à part la petite phrase d’Asim qui m’a fait réfléchir plus que les autres.

Ce petit billet n’est qu’une continuation de mes pensées suite à la lecture de ton article Marc-André et j’y ai d’ailleurs fait un lien (et à Asim aussi) parce que comme mentionné dans mon billet, je trouve ta réflexion intéressante et intelligente contrairement à beaucoup de texte sur ce sujet.

Patrick ( Jeudi, 24 septembre, 2009 à 9:35 )

La beauté du Net est qu’il permet d’émettre une réflexion, qui en amène une autre… et une autre. Chacune est personnelle et subjective.

L’objectivité résulte qu’on soit exposé à plusieurs points de vue et permettre de nous faire une opinion. Mais chaque point de vue n’est pas totalement objectif. Ça c’est la beauté du l’humain (et du journalisme aussi, mais ça c’est une autre histoire)

Marc-André Pauzé ( Jeudi, 24 septembre, 2009 à 10:08 )

Marc-André, à relire ta brève, j’ai du mal à cerner son but véritable.

Certes, il y a peut-être esquisse de réflexion sur la fonction, utilitaire et émotionnelle, du support argentique, mais elle se voit abruptement avortée (je m’attendais à une page 2, 3, etc).
Elle m’a ainsi laissé sur ma faim. Le tout se renfermait donc dans ce fameux débat « tupperware » qu’est càd numérique VS argentique, étiré ad nauseum partout ailleurs. Non seulement ça, mais ça commençait à véritablement ressembler une pub ou manchette valorisante envers Leica et ses produits.

Pour appuyer mes propos, l’action de TROP réfléchir, surtout sur ce sujet, ne mène qu’à une inévitable paralysie de l’âme et du corps qui l’abrite. Je préfère shooter, photographier, pitoner, snapper, zapper, bref, témoigner; je préfère tout ça que de languir sur les débats et autres réflexions sur ce sujet. D’où mon « ton » un peu sec dans mes réponses :)

Ceci étant dit, je trouve ton prochain projet intriguant et j’ai hâte de voir ce qui va en découler. Si j’étais toi, j’userais de mon « nikon numérique » pour le mener à bien; Le cutting-edge témoigne de l’ancestral. Juteux.
Bonne chance!

Albert

Albert ( Samedi, 26 septembre, 2009 à 5:16 )

Je comprends ton point du vue et ta suggestion est intéressante pour mon projet. Mon approche de la photo, qu’elle soit de reportage ou personnelle, fait généralement suite à une réflexion. Mais une fois dans l’action, il est vrai que je ne réfléchis pas vraiment. Je tire à l’instinct.

C’est seulement que je me rends compte que je prends plus mon temps en argentique et que « l’expérience » est différente. Mais la photo au télémétrique est aussi différente d’un réflex et cette différence fait aussi partie de mon plaisir.

Marc-André Pauzé ( Dimanche, 27 septembre, 2009 à 3:03 )

Chi d’accord :)

Sur ce, un monologue intéressant, rattaché de proche ou de loin sur le sujet discuté ci-haut:

http://www.youtube.com/watch?v=8D0pwe4vaQo

Albert ( Dimanche, 27 septembre, 2009 à 11:25 )

combien de wpp qui on été « shooté » en mode « P » ? donc argentique numérique manuel, auto je m’en fiche. À la limite on peut plus facilement rattraper des négatif qu’un JPEG ou meme un RAW !

moi se qui m’agace c’est qu’il y a toujours des gens qui reviennent pour me dire oui mais en peloche… bah bah bah point and shoot , 4:3, numérique, argentique nikon canon… pinhole…ya rien de parfais, rien de mauvais

franK ( Jeudi, 8 octobre, 2009 à 4:30 )

oh by the way ! au moin l’article nous fait découvrir le blog et le travail de Marc-André Pauzé bravo !

franK ( Jeudi, 8 octobre, 2009 à 4:32 )