L’agence Gamma en mauvaise posture

publié par Jean-François le 02 août, 2009, sous Opinions
02 août

La nouvelle à fait le tour du monde de la photographie assez rapidement cette semaine, l’Agence Gamma, fondée par Raymond Depardon est en mauvaise posture.

Raymond Depardon - Magnum photo

Raymond Depardon - Magnum photo

Elle fermera probablement ses portes d’ici la fin de l’automne. Plusieurs personnes blâment la demande sans cesse grandissante du people (ce qui est surement en partie vrai mais qui a toujours été) et la baisse de la production, par les médias, de vrais photoreportages, ce qui est surement vrai aussi. Mais il ya un truc qui me trotte dans la tête… si c’était la combinaison de ses événements en plus d’un manque d’adaptation au milieu médiatique en constant changement ? J’hésite à dire en pleine métamorphose, car, j’ai l’impression que c’est le rythme auquel les choses vont évoluer dorénavant. Ce qui me fait pensé à cela c’est que Gamma ferme (probablement) alors que plusieurs autres agences, plus jeunes (et certaines très jeunes, à peine quelques années d’existence) prospères malgré la houle et les tempêtes. Je pense ici a Redux, VII, Panos entre autres et dans les dernières années NOOR (pour ne nommer que ceux-là).

Rues de Londonderry, le soir du 12 août 1969 - Gilles Caron / Fondation Gilles Caron

Rues de Londonderry, le soir du 12 août 1969 - Gilles Caron / Fondation Gilles Caron

Cela me rappelle aussi l’histoire d’une très vieille agence qui a vu passé d’importants photographes; Black Star. Cette agence hyper prolifique (très souvent associer au magazine LIFE) jusqu’au milieu des années 90 est peu à peu passé au second plan du milieu médiatique. Leurs photographes (peut-être à la demande de l’agence) ce sont mis a faire beaucoup de corporatifs, une source de revenus lucrative, ce qui à poussé certains de leurs collaborateurs à les quitté pour soit joindre ou fonder d’autres agences qui correspondraient à leurs visions et philosophie de la photo. Parlant de mésadaptation, pour ceux qui on lu le livre traitant sur  l’histoire de Gamma (voir plus bas) remarquée comment ils ont eu des difficultés à passé à l’air du numérique, pas celui des appareils, mais celui de l’archivage, de l’informatisation des banques de données, de la numérisation des négatifs…

N’empêche que c’est toujours un choque de voir une agence qui à aider a faire du photojournalisme ce qu’il est aujourd’hui s’éteindre…

À noter que plusieurs photographes ont collaboré à Gamma : Gilles Caron, Catherine Leroy, Sebastião Salgado, David Burnett, Hughes Vassal, etc.

Voici les 2 articles, publiés dans le journal Le Monde, qui traitent du sujet;

Victime de la crise de la presse et de …

La presse ne rémunère pas…

Et à lire, l’histoire de l’agence Gamma : Le Monde dans les Yeux, Lage d’or du photojournalisme

(À ceux qui voudraient commander le livre… attention aux délais de livraison !)

Et finalement à voir : le film Reporters de Raymond Depardon, où l’on voit plusieurs photographes de l’agence au travail.

Et si vous avez d’autres liens qui concerne le sujet, pas seulement Gamma, mais l’histoire des d’agences faites nous le savoir !

commentaire

En poursuivant mes lectures sur le sujet, je viens de trouver une entrevue de Raymond Depardon au sujet de L’agence Gamma sur Rue89 :

http://eco.rue89.com/2009/07/24/depardon-gamma-est-morte-depuis-longtemps

Jean-François ( Dimanche, 2 août, 2009 à 11:32 )

Un petit bémol par rapport à votre billet. Vous citez les nouvelles agences (VII et Noor) comme étant bien adaptées et prolifiques, alors que Stanley Greene ne peut faire les reportages qu’ils veut par manque de financement, que plusieurs des photographes de Noor vivent péniblement dans des chambres minables pour réussir à faire leur frais, ou encore que les légendes de VII doivent compter sur l’organisation de « Workshop » à très hauts honoraires pour survivre. Ils se sont adaptés aux réalités actuelles mais pas en ayant trouvé un plan d’affaires mais en ayant fait des concessions (parfois énormes pour ceux qui vivent sous le seuil de la pauvreté) à leur pratique.

Je vous invite à lire le billet suivant:
http://alphareporter.wordpress.com/2009/08/01/gamma-le-photojournalisme-sur-respirateur/

Marc-André Pauzé ( Mercredi, 5 août, 2009 à 4:14 )

Je suis d’accord que la vie des photographes (des agences citées si haut) n’est pas rose par les temps qui courts et qu’ils « réussissent » moyennent d’énormes sacrifices. Malgré tout, je crois que le modèle de ces agences est tout de même plus solide que Gamma, qui on certainement payé les frais d’achats et de rachats par différents intérêts tels Eyedea au travers les années.

Ceci étant dit, je crois tout de même que ces agences démontrent qu’il est encore possible de faire du reportage et d’en survive (un mot peut-être plus approprié que vivre). Il s’agit d’avoir 1, le désir de le faire et 2, un modèle qui est soutenable. Je ne crois pas que nous reverrons les beaux jours ou un photojournaliste pouvait gagner une large somme d’argent année après année, mais je crois que le photojournalisme est en période de transition et que nous y reverrons un certain regain de vie au cours de la décennie à venir.

En ce qui concerne l’agence VII et le workshop très onéreux, certes il s’agit d’une adaptation pour soutenir les opérations, mais je crois aussi que les photographes un peu plus âgés de l’agence acceptent volontiers de travailler hors des zones de danger et transmettre leurs expériences à de futures générations de photographes.

Merci pour le lien, je ne connaissais pas le site, une bonne découverte.

Patrick ( Mercredi, 5 août, 2009 à 6:06 )

Tout à fait d’accord avec toi, sur le fait que les coopératives sont plus appropriés afin de répondre aux exigences du marché qu’une agence comme Gamma. C’est sûrement un des facteurs qui a emmené son fondateur à quitter pour une coopérative (Magnum).

En fait les « vieilles » agences avaient aussi besoin d’activités pour soutenir la production de reportages-terrain, comme le mentionne justement M. Depardon dans un des articles. Le People, plus lucratif, permettait au baroudeurs d’être en brousse. Le rachat par les corporations en a séparé la gestion. À partir de ce moment, les reportages-terrains n’étaient plus rentable (ils ne l’ont à peu près jamais été par eux-même, semble-t-il).

Les activités des coop (bourses, ONG, workshop) ont remplacé les activités des anciennes agences (people, politiques).

Il semble aussi évident qu’en voulant « surfer » sur les hauts taux de ventes des années 70 et 80, le fait que les photographes soient devenus salarié avec fond de pensions, assurances etc a ajouté à la complexité de gestion. Dans une coop, les photographes sont encore travailleurs autonomes.

Mais l’évaluation que fait Bruno Stevens du contexte actuel du photoreportage est plus pertinente car il compare une situation à quelques années d’intervalles.

Il est aussi tout à fait compréhensible que Natchwey, Knight et les autres de VII prennent cela plus molo. Ils continuent pourtant de défendre le devoir social du journalisme et non pas sa servitude à des impératifs corporatifs.

Marc-André Pauzé ( Jeudi, 6 août, 2009 à 1:22 )

Voici un autre lien qui peut être intéressant :

http://www.bbc.co.uk/blogs/photoblog/2009/08/photojournalism_today.html

Un sondage du type questions/réponses fait par BBC à certaines personnes occupants des postes clé dans l’industrie. Évidemment, on parle de la place du photojournalisme dans le future, la valeur marchande des images, etc.

Jean-François ( Lundi, 24 août, 2009 à 10:10 )
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