La pauvreté et la nuit par Will Steacy
Will Steacy est un photographe qui fait beaucoup parler de lui dernièrement. Plusieurs de ses portfolios on été mentionnés au travers la blogosphère photographique. Je l’ai personnellement découvert via un article sur Slightly Lucid qui mentionnait sa série ‘A Silent Affliction’. Aujourd’hui, c’est vers la série ‘Down These Mean Streets’ que je vous pointe.

Photo par Will Steacy
Dans cette série de photos, Will explore, de nuit, la pauvreté des villes américaines. Le projet a été entièrement photographié avec un appareil 4×5. La routine de Will était assez simple, marchez la nuit de l’Aéroport au quartier des affaires de la ville, témoignant tout au long de sa marche d’une strate de la société qui est la plupart du temps ignorée.

Photo par Will Steacy
J’ai regardé cette série de photo à plusieurs reprises et ce qui me frappe le plus c’est le manque d’individus dans plusieurs d’entre elles. Un choix que j’ai questionné au début, étant donné que l’idée est de témoigner de ses gens invisibles. Ceci étant dit, en regardant les images on s’aperçoit rapidement qu’elles contiennent toutes les traces de la pauvreté, sois au travers des maisons abandonnées ou des détritus laissés ici et la ou les façades marquées d’édifices. Quelle autre méthode existe pour photographier un sujet souvent invisible autre que photographier ses traces?
Dans une entrevue en anglais, Will explique qu’il a créé cette série pour démontrer la pauvreté extrême qui vit en marge de nos sociétés, loin de nos préoccupations quotidiennes. Il fait évidemment allusion à la psychose que les Américains ont envers le terrorisme et la sécurité nationale (un discours que nous entendons de plus en plus ici au Canada) et l’injustice et misère qu’ils tolèrent directement sous leurs nez.

Photo par Will Steacy
Suivez ce lien vers le site de Will, ensuite cliquez sur la première série ‘Down These Mean Streets’.
Bien que cette série m’a vraiment touché, je trouve cette absence de gens que tu mentionne dans ton article un peu trop répandue dans le restant de son travail. J’ai l’impression de regarder la même chose de photo en photo, le dynamisme devient inexistant et la contemplation laisse la place à un vide ambiophonique redondant et peu attachant. Personnellement, je trouve que de plus en plus de photographes faire dans ce style urbain dépaysé, déshumanisé, apocalyptique. Parfois ça marche, parfois c’est lourd et accablant, comme toute mode.
Ici, dans cette série là, je trouve que c’est réussi, la thématique est d’appoint, le photographe est chasseur, et la grosse bête – dont il suit les traces – saigne à bloc.
Merci de partager!
Albert