La pauvreté et la nuit par Will Steacy

publié par Patrick le 07 juil, 2009, sous Images à voir
07 juil

Will Steacy est un photographe qui fait beaucoup parler de lui dernièrement. Plusieurs de ses portfolios on été mentionnés au travers la blogosphère photographique. Je l’ai personnellement découvert via un article sur Slightly Lucid qui mentionnait sa série ‘A Silent Affliction’. Aujourd’hui, c’est vers la série ‘Down These Mean Streets’ que je vous pointe.

Photo par Will Steacy

Photo par Will Steacy

Dans cette série de photos, Will explore, de nuit, la pauvreté des villes américaines. Le projet a été entièrement photographié avec un appareil 4×5. La routine de Will était assez simple, marchez la nuit de l’Aéroport au quartier des affaires de la ville, témoignant tout au long de sa marche d’une strate de la société qui est la plupart du temps ignorée.

Photo par Will Steacy

Photo par Will Steacy

J’ai regardé cette série de photo à plusieurs reprises et ce qui me frappe le plus c’est le manque d’individus dans plusieurs d’entre elles. Un choix que j’ai questionné au début, étant donné que l’idée est de témoigner de ses gens invisibles. Ceci étant dit, en regardant les images on s’aperçoit rapidement qu’elles contiennent toutes les traces de la pauvreté, sois au travers des maisons abandonnées ou des détritus laissés ici et la ou les façades marquées d’édifices. Quelle autre méthode existe pour photographier un sujet souvent invisible autre que photographier ses traces?

Dans une entrevue en anglais, Will explique qu’il a créé cette série pour démontrer la pauvreté extrême qui vit en marge de nos sociétés, loin de nos préoccupations quotidiennes. Il fait évidemment allusion à la psychose que les Américains ont envers le terrorisme et la sécurité nationale (un discours que nous entendons de plus en plus ici au Canada) et l’injustice et misère qu’ils tolèrent directement sous leurs nez.

Photo par Will Steacy

Photo par Will Steacy

Suivez ce lien vers le site de Will, ensuite cliquez sur la première série ‘Down These Mean Streets’.

commentaire

Bien que cette série m’a vraiment touché, je trouve cette absence de gens que tu mentionne dans ton article un peu trop répandue dans le restant de son travail. J’ai l’impression de regarder la même chose de photo en photo, le dynamisme devient inexistant et la contemplation laisse la place à un vide ambiophonique redondant et peu attachant. Personnellement, je trouve que de plus en plus de photographes faire dans ce style urbain dépaysé, déshumanisé, apocalyptique. Parfois ça marche, parfois c’est lourd et accablant, comme toute mode.

Ici, dans cette série là, je trouve que c’est réussi, la thématique est d’appoint, le photographe est chasseur, et la grosse bête – dont il suit les traces – saigne à bloc.

Merci de partager!

Albert

Albert ( Mardi, 7 juillet, 2009 à 3:17 )

oui c’est vrai qu’il n’ya pas beaucoup de personnes sur ces photos , mais avez vous essayé deja de photographier des sans papiers ou des vagabonds dans la rue ?

c’est assez compliqué , car souvent ils vous prennent pour la police et ne veulent pas se laisser prendre en photos ! et sont parfois meme assez mechant

Donc il ne reste que le choix des photos assez vide de personnes .

A l’heure actuel prendre des gens dans la rue en photos et les mettre sur le net peut conduire au tribunal , si ces personnes n ont pas donné leur accord

Alors les HCB , ronis et doisneau ne pourraient pas faire ce qu’ils ont fait a leur époque !

bernard ( Jeudi, 9 juillet, 2009 à 1:38 )

Heureusement, les lois ici au Canada sont différentes de la législation française, nous avons toujours le droit de photographier des gens dans la rue pour des buts journalistiques, artistiques ou littéraires.

Vous pouvez obtenir plus d’information à ce sujet en suivant ce lien;
http://www.priv.gc.ca/fs-fi/02_05_d_39_prov_f.cfm

Merci à Martin Benoit et son blogue pour m’avoir fourni ce précieux lien.
http://pratiqueprofessionnelle.blogspot.com/2009/04/consentement-et-autorisation-en.html

Patrick ( Jeudi, 9 juillet, 2009 à 2:24 )

Bernard, j’ai photographié beaucoup de sans-abris, dans une multitudes de situations et ce sans trop de problèmes.
Ça peut être compliqué parfois, voir dangereux, mais ça fait partie du charme de la photo, elle ne se fait pas offrir sur un plateau d’argent.
Il faut pas oublier que la plupart sont assez gelés, fatigués ou affamés pour se soucier de ce que vous faites avec caméra, et veulent soit un peu de fric, de la bouffe, ou un lit pour dormir.
Faut juste pas les approcher avec le tact et la diplomatie d’un flic, pour ne pas se faire prendre pour un tel ;-)

Comme je l’ai dis, je trouve que ce genre de photo fonctionne bien pour cette série en question, surtout qu’il s’agit, comme Patrick l’a si bien émit, de montrer la pauvreté à travers les séquelles qu’elle laisse derrière elle.
Là où je trouve que ça fait lourd c’est quand ce style là est répété à profusion et dans des buts un peu moins thématique disons.

Je ne crois pas par contre que, peu importe le pays en question, photographier des sans-abris, est passible d’amende ou emprisonnement. Ça me surprendrait pas mal.

Albert ( Vendredi, 10 juillet, 2009 à 10:39 )

J’ai oublié de dire que je trouve cette série nocturne tres bien , car pas toujours facile de faire de la bonne photo de nuit , je parle au point de vue technique .

Oui en france c’est assez difficile de faire cela , j’en parle car j’en ai fait , bien sur pas d’agression , mais on m’a fait comprendre que je n’etait pas le bienvenue , et je comprends un peu leur reaction , il ne veulent pas etres pris pour des curiosité , car ils ont leur drame avec eux , alors j’ai arreté de le faire , meme si je maitrise la prise de vue sans visée , avec un leica c’est assez discret .

Bonjour au quebecois , vous avez un super pays que je commence a bien connaitre .

bernard ( Vendredi, 10 juillet, 2009 à 1:48 )
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