Une entrevue avec Patrick Sanfaçon
Continuant sur notre lancée d’entrevue, nous avons rencontré Patrick Sanfaçon, photographe pour La Presse. Passionné par la nouvelle locale, Patrick est l’homme derrière bonne quantité des images que vous regarder tous les jours autant dans la version imprimée que sur Cyberpresse.

© Patrick Sanfaçon / La Presse
Le parcours de Patrick vers la photographie en est un de persévérance et d’acharnement pour atteindre son but, La Presse.
RP – Qu’est-ce qui t’a amené à la photographie?
PS – J’ai toujours été attiré par les arts. Lorsque j’étudiais en sciences pures, je suivais chaque session un cours complémentaire dans ce domaine. C’est justement un cours d’initiation à la photographie qui a provoqué le déclic chez moi.
Décidant de se rediriger vers la photographie, Patrick a fait des études au Cégep du Vieux-Montréal. Il nous relate que ces cours ont été très bons pour l’aider à bien maîtriser ses outils, mais qu’à cette époque il n’y avait pas d’enseignement sur le photojournalisme, il a dû apprendre sur le terrain. Et selon lui, c’est probablement la meilleure école qui soit pour ce type de photo
PS – J’ai appris le photojournalisme en coupant des cours ici et là pour allez photographier des manifestations à Montréal. Par chance, il y a eu un grand mouvement étudiant à Montréal lors de mon séjour au Cégep, il y avait une manifestation pratiquement tous les jours (exagération).
RP – Et combien de temps entre la fin de tes études et La Presse?
PS – Dix ans.
Patrick a toujours eu comme objectif de travailler pour La Presse. Il s’est donné dix ans après la fin de ses études pour atteindre son but. Mission accomplie. Ça peut sembler long, mais pour la plupart, c’est la réalité du milieu.
Pendant ces dix ans entre fin d’études et arriver à La Presse Patrick a cultivé son expérience en trouvant du travail de pige avec quelques journaux de quartier et en photographie corporative avec quelques clients dont Hydro Québec. Il travailla également avec quelques photographes de sports et a notamment été photographe pour les Alouettes de Montréal.

© Patrick Sanfaçon / Alouettes de Montréal
Il aura fallu cinq tentatives à Patrick pour être sélectionné et réussir le stage annuel de La Presse. L’année où il fut choisi, un conflit de travail au quotidien l’empêchera d’être engagé. Loin de se décourager, il se tournera vers Le Devoir pour trouver un travail. Le conflit à La Presse étant finalement réglé, il fera finalement son entrée au quotidien pour lequel il travaille depuis.
Bien qu’il est réalisé des photoreportages autant ici à Montréal qu’à l’extérieur du pays, l’intérêt de Patrick est indéniablement le fait divers. L’avènement de Cyberpresse poussera le quotidien à mettre sur pied un département de patrouilleurs efficace et proactif avec Patrick à la tête du volet photographique. Ses efforts ont d’ailleurs porté fruit et repositionné La Presse au sommet en ce qui a trait à ce type de photographie (premier arrivé, premier publié).

© Patrick Sanfaçon / La Presse
RP – Qu’est-ce qui te passionne autant dans les faits divers?
PS – J’ai toujours eu un attrait pour la nouvelle locale au quotidien. Quand j’étais jeune, je découpais des photos de feu, de police, des Nordiques, etc. pour les placer dans un album. Lorsque je suis arrivé à Montréal, j’ai acheté un scanneur pour savoir ce qui se passait d’intéressant dans la ville.
RP – Quand tu partais photographier des événements, que faisais-tu avec les photos?
PS – Je me pointais souvent à La Presse avec mon rouleau de film. J’ai fini pas avoir accès à leur lab, il y avait toujours une agréable sensation lorsque le gardien me laissait passez pour que je puisse allez développer mes négatifs.

© Patrick Sanfaçon / La Presse
Une fois que l’intérêt pour le fait divers est bien ancré, la passion pour la nouvelle au quotidien de Patrick le pousse à reformer l’approche de La Presse. Ils (La Presse) équipent une brigade pour couvrir la vie de tous les jours de la métropole. Équipés de plusieurs scanneurs pour scruter les ondes des services d’intervention, ils peuvent maintenant couvrir des évènements qui autrefois auraient souvent échappé à l’attention des médias. Patrick se voit maintenant assigné une semaine sur deux à la patrouille, toujours en compagnie d’un journaliste.
RP – Y a-t-il autant de demandes pour ce genre de photos?
PS – Énormément, avec la venue de Cyberpresse, le ‘breaking news’ est très populaire et les faits divers en font partie intégrante. La demande en photo est énorme.
RP – Et qu’est-ce qui intéresse le plus les gens selon toi?
PS – C’est difficile à dire, mais sur Cyberpresse ont le voit, tout ce qui est en rapport aux trois S (Sex, Sang, Sport) attire beaucoup de trafic.

© Patrick Sanfaçon / La Presse
RP – On constate que beaucoup de publications et quotidiens poussent leurs photographes à faire de la vidéo pour les volets multimédias de leurs sites web. Qu’en penses-tu?
PS – Je n’ai pas de problème avec l’idée, mais choses certaines il est bien difficile de faire de la photo et de la vidéo en même temps et réussir à obtenir un bon résultat dans les deux cas.
RP – Et qu’est-ce que ça impliquerait selon toi?
PS – Dans un monde idéal, il faudrait un photographe, un vidéaste et un journaliste pour couvrir un événement. Sinon il faudrait décider à l’avance s’il faut une photo ou une vidéo.
RP – Quelles sont tes ambitions pour le futur?
PS – J’aimerais être assigné à la patrouille en permanence, même si parfois, les journées sont calmes et peu occupées. Ce qui est bien avec le fait divers c’est que tu ne sais jamais à quoi t’attendre et tu veux toujours être le premier sur les lieux, avant même les services d’urgences.
En plus de retrouver le travail de Patrick dans la version imprimée de La Presse et en ligne sur Cyberpresse, vous pouvez aussi retrouver beaucoup de ses images ainsi que ses impressions personnelles des évènements dont il est témoin en suivant sont blogue.

© Patrick Sanfaçon / La Presse
chanceux, je cours après lui pour une entrevue après tant d’années!