L’alternative fixe

publié par Patrick le 05 août, 2008, sous Opinions, Technique
05 août

Depuis quelques années j’utilise presque inclusivement des objectifs à focale fixe pour produire mes images.

© Patrick Alonso

© Patrick Alonso


Si le choix d’un appareil photographique n’était déjà pas assez intimidant pour la plupart d’entre nous, une fois le choix fait, la sélection des objectifs demeure toujours (s’ils ne sont pas déjà tous dans nos sacs). Si vous pensez qu’il y a une liste de caractéristiques interminables pour les appareils, jetez un coup d’œil aux objectifs. Pour moi, l’objectif est le facteur déterminant en ce qui concerne la qualité des images. Malgré tous les manipulations et ajustements que nous pouvons apporter à nos fichiers aujourd’hui … le caractère d’un objectif particulier (piqué, bokeh etc.) semble être l’un des derniers aspects qui demeurent pratiquement impossibles à recréer numériquement (sans retouches exhaustives du moins).

Quand vient le temps d’acheter un objectif, il y a de grands oubliés. Combien de fois ai-je eu la discussion avec un photographe ou un photographe en devenir à propos de son besoin pour un objectif de calibre plus élevé que son portefeuille? L’air piteux, il s’en retournait bredouille en se disant qu’en économisant encore quelque temps, il pourrait peut-être ajouter un peu de « légendes » dans son sac photo.

© Patrick Alonso

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Dans ces cas, j’ai souvent suggéré des objectifs à focale fixe. Après tout, ils sont généralement moins dispendieux, plus lumineux et souvent aussi piqués (sinon plus) que leurs confrères les zooms. On me regardait souvent avec un air plutôt moqueur … « des fixes !? C’est pour des gars comme Bresson ou Capa! »

Les fabricants ont travaillé fort pour bâtir une certaine aura mythique et légendaire autour de leurs zooms de niveau professionnel. Il y a toujours les célèbres 70-200 f2.8 de nos deux gros joueurs photographiques. Ou encore leurs grands-angles, également f2.8, les 14-24 et 16-35 qui font fabuler les photographes. Des morceaux de verres qui engendrent toutes sortes de discussions superfétatoires dans les revues, les forums et les cafétérias de ce monde. Peu importe leurs différences, ils ont tous été intronisés dans les halles légendaires des objectifs ultrapiqués de l’histoire photographique. À ce stade  être numéro un ou numéro deux fait-il vraiment une différence?

© Patrick Alonso

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Je concède qu’un objectif fixe n’est pas pour tout le monde; quoiqu’ayant été longtemps une réalité, on verrait mal un photographe de presse travailler aujourd’hui uniquement avec un fixe. Éventuellement, il perdrait certainement quelques images due au manque de flexibilité. Mes points sont tous de même valides, la plupart des objectifs fixes sont moins dispendieux (souvent beaucoup moins) que leur équivalent en zoom et avec un peu de pratique on devient aussi adepte à leurs utilisations que n’importe quel autre type d’objectif. Bien entendu l’idée ici n’est pas de remplacer un objectif 70-200mm par un 50, 85 et 135mm … l’aspect économique en prendrait littéralement pour son argent. Non, je parle d’identifier les raisons pour lesquelles nous désirons un 70-200 et le substituer par la focale fixe équivalente. Vous avez besoin d’un peu plus de portée pour votre photographie de paysage, allez-y avec un 135mm, besoin d’un peu plus de qualité dans vos photos portraits, allez-y avec la 85mm et ainsi de suite.

Avec le choix d’un fixe, il y faudra aussi apporter quelques changements à notre comportement photographique. L’approche du sujet entre autres. J’en discuterai lors de futurs articles.

(note: ce billet à été modifié pour son contenue et la correction d’erreurs, 17 juin 2011)

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